Par Hadjare Zerrad, Campus Junior Manager chez IBM France – Relations Universitaires, étudiante à ESCP Europe en Master 2, et actuellement en programme d’échange à Jakarta (Indonésie)

La suite de mon aventure à Jakarta !


Partie 1 disponible ici

3. Partir en week-end à la dernière minute? Oui mais pas n’importe où

A Paris quand quelqu’un dit « Je pars en week-end » on s’attend à ce que l’individu nous annonce qu’il va en Normandie par exemple. A Jakarta quand je dis que je pars en week-end, cela veut dire…

Bali, son atmosphère si particulière et ses plages de surf

Singapour, la touche asiatique et la modernité en plus

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Lombok, la petite sœur de Bali propice à la détente face au coucher de soleil sur le sable fin

Yogyakarta, et ses temples incroyables (Borobudur, le plus grand temple bouddhiste du monde)

Sulawesi (Célèbes), qui n’a rien à envier à la Thaïlande ou aux Philippines

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– Kuala Lumpur en Malaisie, l’île de Sumatra…

 En Indonésie, j’ai pu assouvir mon envie de voyage et ma soif de découverte. Avec sa position centrale en Asie du Sud-Est, les voyages sont facilités et les rencontres en cours de route y sont incroyables. J’ai pu me lier d’amitié avec des jeunes issus du monde entier et qui n’avaient que leur sac-à-dos pour compagnon de voyage. C’est là qu’on se dit que la richesse vient surtout de ces moments uniques, et que la vie « je dirai que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main… »

 

4. Un problème ? Ne compte que sur toi-même

Des galères, j’en ai vécues, et l’Indonésie ne m’a pas fait de cadeaux dès les premiers jours. Avec seulement une nuit AirBnB bookée la veille de mon départ pour 5 mois, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. Recherche d’appart, communication avec la population locale qui ne sait dire en anglais que « Yes, No, et How are you ? », réseau internet capricieux, tentatives d’arnaques en tout genre, moiteur ambiante et pluies diluviennes sans aucune notification préalable… Bienvenue en Indonésie.

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Exactement.

Alors que j’avais l’habitude de solliciter de l’aide, Jakarta m’a clairement crié au visage « Débrouille-toi par toi-même ». Et j’en retire un enseignement de la vie incroyable. En quelques mois, j’ai l’impression d’avoir pris 10 ans d’expérience. C’est aussi pour cette raison que je ne cesserai jamais de dire aux jeunes de partir, mêmes seuls, même sans argent, parce que c’est le meilleur apprentissage que la vie puisse nous donner. C’est le passage obligé vers plus de maturité. « Connais-toi toi-même » disait Socrate, et ce n’est qu’à 21h, sans endroit où dormir, avec l’équivalent de 5€ en poche, sans possibilité de retirer de l’argent car carte bancaire bloquée, qu’on apprend vraiment à tester nos limites. L’Indonésie, c’est un peu mon Koh-Lanta à moi.

5. « Au fond j’crois qu’la Terre est ronde, pour une seule bonne raison… Après avoir fait le tour du monde, tout c’qu’on veut c’est être à la maison » (Orelsan)

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Loin de tout et de tout le monde, l’effervescence du début laisse finalement place à un sentiment étrange, entre nostalgie du pays, remise en question (qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?), et envie d’ailleurs (d’autres voyages, vite, vite !). Ce sentiment est assez paradoxal : on veut rentrer, mais on veut aussi rester. Et on sait déjà que le retour en France sera une vraie claque.  Une étude publiée par Le Monde annonce la couleur : les étudiants qui partent en programme d’échange (Erasmus notamment), dépriment quand ils reviennent en France, ou envisagent rapidement de repartir. Alors qu’est-ce qu’il nous manque ? Est-ce que ma génération est capricieuse ? Ou c’est seulement qu’on a l’impression de ne pas faire assez, de ne pas profiter assez, de ne pas découvrir assez ? Dans tous les cas, on se rend vite compte une fois qu’on est partis, beaucoup de choses changeront au retour.

« Si tu ne prends pas le temps de créer la vie que tu désires, tu seras forcé à passer beaucoup de temps à vivre une vie dont tu ne veux pas. » Kevin Ngo

Je garde de ce voyage en Indonésie un souvenir exceptionnel. J’ai pu voyager, étudier dans un environnement culturellement différent, prendre des décisions seule, me débrouiller par moi-même, expérimenter une ambiance de travail différente à l’intérieur-même d’IBM, faire des rencontres inoubliables, passer du temps avec les locaux… J’ai l’impression d’avoir complètement changé, et je ne regrette absolument rien.

Ah si, un seul regret tout de même : En France, presque personne ne se souciera de ça. Je sais d’avance que cette expérience ne sera probablement pas valorisée à sa juste valeur… « Bonjour Mademoiselle, votre CV s’il vous plaît. »

Hadjare Zerrad
Etudiante en Master 2 – ESCP Europe
Campus Manager Junior – Relations Universitaires – IBM France

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