La transformation digitale est au cœur des préoccupations de tous les dirigeants d’entreprise… Mais que recouvre-t-elle exactement ?  

Lucile Hyon – Le Gourrierec, Senior analyst au « Center for Applied Insights » (CAI) d’IBM, experte en transformation digitale, conseil stratégique et innovation nous fait part de son analyse! 


Pour mieux comprendre les implications de cette tendance, IBM a participé, en partenariat avec le Think Tank EBG (www.ebg.net) aux interviews de plus de 80 Chief Digital Officers, décisionnaires, membres de comités de direction impliqués dans la transformation de leur organisations. Ces organisations sont pour la plupart membres du CAC40 ou emblématiques du dynamisme du paysage économique français.

Ces entretiens ont confirmé que la transformation digitale est une tendance irréversible qui concerne tous les secteurs d’activités, même si la façon dont cette transformation est appréhendée suivant les secteurs est loin d’être homogène. Même à l’intérieur d’une même organisation peuvent coexister de grandes différences dans la façon dont le digital est perçu, allant de la forte opportunité de développement à une réelle menace de disruption.

Il est également important de noter que la transformation digitale n’est pas toujours perçue comme une priorité partagée à tous les niveaux du Comité de Direction. Trop souvent encore, le digital est encore l’apanage du département informatique, souffrant alors de difficultés d’intégration avec les différentes entités métier.  Les entreprises ayant déjà engagé leur transformation digitale avec succès ont néanmoins pu mettre en exergue le fait que celle-ci ne peut être un projet isolé, aussi spécial soit-il. Au contraire, il est indispensable qu’il soit intégré à la stratégie globale de l’organisation et en liaison étroite avec tous les métiers et services de celle-ci, qu’ils soient en contact direct avec le client ou en back-office.

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Les sociétés les plus impliquées dans cette nécessaire évolution digitale ont le plus souvent étendu leur portefeuille d’offres commerciales en créant de nouveaux services autour d’offres existantes, notamment dans le domaine de la mobilité ou en tirant le meilleur usage des API. De nombreuses sociétés se voient ainsi comme en transition d’une production de biens à une production de services à valeur ajoutée. Il est intéressant de noter que ces nouveaux services deviennent également la source de données qui pourront être exploitées et donner naissance à de nouveaux usages et services, commercialisés ou non. La transformation digitale est ainsi un acteur majeur dans cette évolution d’une économie de la possession de biens à une économie de services et d’usages.

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Les interviews menés mettent également en exergue le fait que l’un des obstacle à cette nouvelle économie digitale, basé sur l’innovation et l’agilité, réside dans la difficulté à réduire la tendance naturelle des métiers et services à travailler isolément, en silos, à l’intérieur même de l’organisation.  Ceci est particulièrement le cas dans les entreprises les plus importantes en termes d’effectifs. Les Chief Digital Officer et la direction doivent incarner le concept de “continuité digitale” dans lequel la donnée doit alimenter et enrichir les différents métiers, allant du marketing, aux opérations, de la chaîne logistique à la finance. La coopération entre les différents départements doit devenir la norme et non l’exception. Cette adaptation ne passe pas (seulement) par l’utilisation d’outils collaboratifs, mais nécessite de nouveaux modes de réflexion et de travail reconnaissant la valeur de cette intelligence collective.

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L’intelligence collective ne doit d’ailleurs pas se trouver limitée aux frontières de l’organisation. Les écosystèmes de chaque secteur d’activité sont concernés par l’application des techniques digitales favorisant le partage et la création de valeur en amont et en aval par une meilleure collaboration avec des partenaires extérieurs, clients, fournisseurs ou distributeurs. De la même façon, cette nouvelle approche plus ouverte favorise les nouveaux partenariats dans lesquels les start-ups sont plus à même d’évoluer et de contribuer à l’apport d’innovation.

Considérant ce travail en écosystème “élargi” sous un autre angle, certaines des organisations que nous avons pu rencontrer ont également identifié par ce moyen l’opportunité de potentielles acquisitions qui viendraient enrichir leur portefeuille d’offres. D’autres mentionnent favorablement cette approche moins “prédatrice” et considèrent la transformation digitale comme contribuant à compléter les modèles illustrés par les incubateurs, favorisant les échanges et dynamisant les relations et les innovations entre celles-ci et les nouveaux entrepreneurs.

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La transformation digitale impacte notre vie quotidienne, en tant que professionnel comme en tant que consommateur. Avant même d’être un utilisateur en entreprise, nous sommes avant tout des utilisateurs personnels et ces usages dictent souvent la voie…

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