Il y a 100 ans, si l’homme avait pu se mettre en orbite pour observer la terre, ce sont 16 foyers lumineux qu’il aurait pu contempler, provenant des 16 agglomérations de plus d’1 millions d’habitants que comptait la planète.

Aujourd’hui, la terre qu’admirent les astronautes depuis leur navette spatiale, étincelle des lumières de 450 villes de plus d’1 millions d’habitants.

Cette urbanisation sans précédent, symbole des grandes mutations économiques et sociales, amènent les villes à jouer un rôle de premier plan.

 Dans l’économie globalisée, où les services occupent une fonction majeure, le modèle de l’état-nation qui prévalait hier cède peu à peu la place à la ville qui gagne en responsabilité et en influence

Lieu du « vivre ensemble par excellence, nous comptons sur la ville pour entretenir le lien social, pour garantir sécurité et santé, pour proposer des systèmes éducatifs performants, pour offrir aux entreprises une main d’œuvre qualifiée, et enfin pour nous offrir les meilleures infrastructures routières, énergétiques et de télécommunications.

Pour tenir ce rôle, les villes devront faire face à un certain nombre de challenges liés aux nouvelles réalités économiques, démographiques et environnementales. Les défis sont immenses et nombreux mais nous pensons que les nouvelles technologies constituent le levier du changement par excellence et que, utilisées à bon escient, elles sont source de progrès et permettront d’améliorer l’action municipale, tout en jouant un rôle majeur dans la gouvernance des villes.

Les villes ont aujourd’hui une opportunité unique de repenser leur mode de fonctionnement en insufflant de l’intelligence dans les systèmes et les processus sur lesquels elles reposent.
Les villes devront accepter de changer radicalement leur manière de penser la gouvernance de la cité avant de décider qu’elles seront les activités stratégiques, celles qu’elles devront développer et celles qu’elles délégueront. Réfléchir aux moyens d’une meilleure coopération avec les autres organisations, institutions locales, régionales ou nationales est également un point central. Enfin, la mise en place d’outils (capteurs, boitiers, ..) qui permettront la collecte, le traitement et l’analyse d’une foultitude d’informations facilitera les prises de décisions.

Nous sommes convaincu que les données, ou plus précisément les connaissances utiles que peuvent révéler les données, sont l’élément fondamental d’un système intelligent et donc d’une ville plus intelligente.  

Nous amassons une quantité phénoménale d’informations et la nature des données que nous collectons et analysons, est entrain de changer : les images médicales représentent 30 % des données stockées dans le monde, les capteurs positionnées sur les millions de routes, ponts et bâtiments comme les informations sur la température, sur l’état des sols , sur l’écoulement des eaux sont plus que jamais des indicateurs du temps réel qui nous informe de ce qu’il se passe, sans compter ce que nous disent des milliards d’individus à travers les fameux « medias sociaux ».  

Un premier réflexe nous inciterait à penser qu’il est urgent d’endiguer ce torrent d’informations et de le réduire. Cependant, grâce à des logiciels d’analyse perfectionnés et de grosses capacités de traitement, nous avons aujourd’hui la capacité d’extraire de l’intelligence de ces données pour établir des tendances, des corrélations ou repérer des déviances. Des modèles mathématiques sophistiqués nous aident de plus en plus à anticiper, voire prédire les évolutions de nos systèmes. Or c’est bien là que réside la promesse d’une ville plus intelligente …

Nous développons les moyens dont les villes ont besoin pour se moderniser, accroître leur développement économique, promouvoir l’innovation, réduire les coûts de gestion et répondre aux attentes grandissantes d’une population plus engagée et plus exigeante.

Comme le disait Alain Juppé : une ville capable de créer une dynamique d’innovation numérique peut devenir un incubateur de nouveaux services. C’est l’une des clés pour qu’une métropole régionale attire les acteurs majeurs de ce secteur, source de développement futur.

La ville est le lieu de l’intégration de systèmes multiples et interdépendants. La capacité d’une ville à assurer une gouvernance transversale, permettant une collaboration de l’ensemble des services, est un atout majeur pour la rendre plus prospère et plus attractive. C’est le pari qu’ont notamment fait Rio de Janeiro, Stockholm, New York, le gouvernement de Malte et d’autres encore.

L’avenir est très prometteur car les technologies permettant de réussir cette mutation vers des villes plus intelligentes existent. Néanmoins le numérique ne doit pas être subi : il doit être assumé comme une démarche volontaire, un facteur de développement et de richesse. C’’est le prix de l’intelligence urbaine..

 

Depuis juillet 2010, Sylvie SPALMACIN-ROMA est Vice-Presidente IBM France en charge du programme Smarter Cities «Pour des villes plus intelligentes». En juin 2009, le programme Smarter Cities a été annoncé par le Chairman d’IBM Samuel Palmisano. Ce programme apporte des solutions innovantes aux acteurs publics et privés pour un développement urbain, éco-responsable et durable.

 

Madame Spalmacin-Roma a démarré sa carrière chez IBM en 1981 au laboratoire de La Gaude-Nice. Elle a collaboré aux fonctions de développement de produits de télécommunications, puis aux fonctions marketing et commerciales dans le secteur de la finance. Son parcours s’est ensuite orienté vers le développement des partenaires IBM et les ventes aux PME- PMI, à Londres, aux Etats-Unis et en Europe.

 

 

 

 

Publicités