La montée en puissance de la notion de compétences constitue un vrai défi pour les grandes écoles. Sans remettre en cause le diplôme qui valide un niveau et un potentiel, les compétences métier renforcent l’employabilité et rassurent les entreprises. Elles doivent être vues comme un moyen de mieux faire travailler ensemble les établissements et comme une assurance qualité des parcours de formation.

De nombreuses questions se posent aux grandes écoles. Comment doivent-elles identifier ces spécialités ? Comment se distinguer ? Comment garantir les niveaux de formation ? Dans le secteur des langues (TOEIC) ou de l’informatique (certificat Microsoft Excel), les outils d’évaluation sont validés et éprouvés mais pour un grand nombre de compétences métier, le travail reste à faire. Pour les entreprises et les établissements de formation, l’identification/certification de ces compétences clé va changer leur manière de travailler et d’enseigner en profondeur.

Qui certifie et comment ? De nouveaux organismes vont-ils voir le jour ou le modèle économique de certains établissements sera-t-il adapté ? Les Anglo-Saxons ont une longueur d’avance dans ce domaine, je pense ici au Chartered Institute of Marketing (www.cim.co.uk). Tout le travail des écoles va donc consister à faire monter en gamme leurs étudiants tout en préservant leur capacité d’évolution. Je considère que ces compétences constituent LE complément essentiel du diplôme comme facteur clé d’embauche. Elles ne doivent cependant pas se substituer aux connaissances générales acquises qui permettent de prendre de la hauteur, de cultiver l’esprit critique, cartes maîtresses dans un monde instable. Les relations école/entreprise vont donc se construire sur la capacité des écoles à diplômer et à certifier, et sur la confiance en retour que nous donneront les entreprises en continuant à embaucher nos diplômés.

Certaines spécialités vont demander un travail en profondeur d’ingénierie de la compétence. Comment, par exemple, identifier et certifier la compétence « stratégie et direction d’entreprise » qui peut se décomposer en 150 « sous compétences » managériales !

Il est donc clair que le modèle des établissements de formation va évoluer pour répondre à la demande croissante de compétences certifiées. Cela aura au moins deux impacts positifs. Les établissements de formation seront tous amenés à travailler ensemble pour se mettre d’accord sur la description détaillée de chaque compétence. C’est également un processus qui favorisera l’assurance qualité de la formation et l’individualisation des parcours.

Jean-François Fiorina est  Directeur de l’ESC Grenoble et Président de Passerelle.

Le monde est mon village…

En tant que directeur d’une grande école de commerce française depuis 20 ans, je suis devenu un acteur passionné de la mondialisation de l’enseignement supérieur. A ce titre, l’ESC Grenoble est un concept d’école planétaire et local. Une business school que je gère comme une entreprise du savoir, de l’apprentissage du management et comme une pépinière de talents.J’ai également décidé d’installer la géopolitique à l’ESC Grenoble comme une véritable matière, celle de la culture générale de la mondialisation. Le festival de géopolitique, organisé à Grenoble, marque cet attachement et rassemble les experts, chefs d’entreprises et politiques les plus pointus en la matière.

Depuis 5 ans, je préside la banque Passerelle ESC qui permet aux meilleurs étudiants issus des filières bac + 2 et + 3 d’intégrer une grande école de commerce française, après concours spécifique. Je suis également le vice-président d’Atout + 3 (filière « Bachelor »). Cette ouverture à la diversité, je la porte dans toutes ses dimensions : sociale, culturelle, du handicap à travers des programmes spécifiques développés avec des partenaires locaux et nationaux pour diversifier le profil des promotions de l’école.

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