Extreme Blue ?! Non, il ne s’agit ni d’un parcours accrobranche ni de sessions de paint-ball entre IBMers : Extreme Blue est un programme mondial qui permet à des étudiants d’écoles de commerce et d’ingénieurs de participer à des projets innovants. J’ai suivi ce programme l’été dernier dans le cadre d’un stage de 3 mois effectué sur les sites du France Lab IBM de La Gaude et de Sophia Antipolis.
Nous étions sur la Côte d’Azur, mais rien à voir avec l’image d’Épinal des trois S : « sun, sea and surf » de ce cadre idyllique  Dans notre cas, il s’agissait plutôt des trois P : « programmation, prévision et pricing », avec des journées intenses en immersion totale au cœur des problématiques clients !

Cogénération Optimisation en Nouvelle Zélande
Cette année, 2 équipes ont travaillé sur des projets liés aux thématiques Smarter Planet*.  A La Gaude, la mission consistait à développer un concept de réseau social pour la détection et la prévention des épidémies.  A Sophia Antipolis, le groupe dont je faisais partie, a collaboré avec les experts d’ILOG sur un projet de Smart Grids : précisément l’optimisation de la production d’une centrale de cogénération, située en Nouvelle Zélande.

Notre client était fournisseur d’énergie avec une dizaine de clients industriels, dont un hôpital – le site pilote de notre solution. Pour chacun de ses clients, le fournisseur avait construit une centrale de cogénération (technique de génération d’électricité et de chaleur à la fois, qui permet une utilisation beaucoup plus efficace du combustible). En modélisant les possibilités d’achat ou de production d’énergie, notre challenge était de fournir une solution d’aide à la décision pour optimiser la génération pour l’hôpital sur une journée.
Pour ce faire, il fallait réconcilier les diverses obligations contractuelles (du type take or pay, time of use, cost reimbursement etc.) avec les variations permanentes de la demande et du prix (le prix du marché peut facilement varier de quelques centimes à plusieurs centaines d’euros dans une seule journée), dont les informations sont disponibles toutes les 30 minutes. Mais la vraie complication fut l’horizon de temps : une fois allumé, chacun des trois moteurs devait obligatoirement tourner pendant au moins 10 heures.  Toute décision de démarrage, devait donc prendre en compte la demande et le prix pour chaque période de 30 minutes sur ces 10 heures.
En matière d’organisation, avec l’aide de nos mentors (français, espagnols et danois) nous nous sommes répartis les différentes tâches clef du projet : Rémi élaborerait l’ontologie – un cadre qui réunirait les différents éléments du projet et nous permettrait d’appliquer automatiquement notre solution à d’autres cas clients à l’avenir. Weiguo se servirait du logiciel SPSS pour développer des prévisions de demande et de prix en se basant sur l’historique et sur des données météorologiques (entre autres). A son tour, Pierre se chargerait de l’interface en utilisant l’outil Dojo pour coder les vues qui paraîtraient dans notre client web. En parallèle, mon rôle serait de développer le business case : une étude du marché, de la concurrence, et également des moyens d’intégrer cette solution innovatrice dans la gamme des produits IBM.

Le rôle essentiel de la communication
Il est évident, et peut être donc sans intérêt particulier !, que ce stage m’a beaucoup appris sur le développement d’une solution informatique, l’élaboration d’une étude de marché etc.. Ceci étant dit, un conseil : cela vaut vraiment la peine de partager son travail au fur et à mesure de l’évolution d’un projet, plutôt que d’attendre d’avoir peaufiné sa version finale avant de demander des inputs !.

Par contre, au niveau des relations sociales et de la communication, les ressortis sont peut-être plus intéressantes – et moins attendues. Ce que j’évoque ne concerne pas les différences culturelles ou linguistiques (là-dessus, une approche comique, par exemple), mais le phénomène de la collaboration à distance. Cette « nouvelle » façon de travailler en équipes dispersées (on entend aussi ‘virtuelles’, un terme intéressant car cela impliquerait qu’une « vraie » équipe doit forcément se retrouver dans un même endroit) a de multiples avantages – un accès élargi à l’expertise de l’entreprise, le confort personnel etc. – mais il nécessite aussi certaines adaptations dont il faut être conscient.  D’après mon expérience, les interactions à distance restent plutôt fonctionnelles : on appelle plutôt pour résoudre un problème, pour poser une question, et moins pour partager sur les actualités du jour ou converser. Les déjeuners entre groupes de collègues, quand on rencontre ceux des autres services (et quand on a la possibilité de comprendre ce qui se passe dans ces services !) ne se remplacent pas par un café virtuel …  Or, ce manque d’interaction sociale ‘accessoire’ constitue un challenge si on veut éviter une détérioration dans les relations professionnelles qui peuvent directement améliorer l’efficacité du travail de tous les jours.  D’un coté, la réponse est relativement simple : on prévoit un moment de partage de son profil personnel lors de la formation d’une nouvelle équipe dite virtuelle, on s’accorde le temps de « chatter » par messagerie virtuelle : on valorise l’interaction sociale en favorisant l’usage des outils de collaboration sociale – comme quoi les réseaux sociaux pour entreprise ont un bel avenir !

Bienvenue à Bruxelles !
Après les trois mois de travail sur nos projets individuels, pour clore le programme, toutes les équipes européennes d’Extreme Blue se sont réunies (en personne !) lors d’une exposition qui s’est déroulée cette année à Bruxelles.  Cet événement est l’un des aspects les plus marquants de mon expérience Extreme Blue : une centaine de jeunes IBMers, venus d’Europe et au-delà, tous ensemble pour partager nos expériences, tant sur le plan Extreme Blue que sur nos différents parcours personnels et professionnels.  Quelle énergie – que ce soit dans les présentations du type ‘Ignite’ (7 minutes pour expliquer 3 mois de travail – la nôtre chronométrée à la seconde !), ou dans les présentations sur la Compagnie.  Je retiendrais celle de Eric Auvray, General Manager d’IBM Benelux, qui nous a donné ses 3 clés de la réussite : « Be open ; Drive the show ; Act with ethics ».  Et puis, bien sur, dans les discussions (les applications pour smartphone, les techniques les plus pointues pour le développement du hardware ou même la philosophie indienne). Au final, une très belle expérience à donner envie…

Timothy Winters est un jeune anglais, en stage dans l’agence commerciale d’IBM France à Nantes.  Ayant terminé sa licence en français et russe à l’Université de Cambridge en Angleterre, il a travaillé 2 ans à la Banque européenne d’investissement au Luxembourg avant de reprendre ses études pour un Master en Management à HEC Paris.  Actuellement en année de césure, il a choisi de passer 15 mois au sein d’IBM pour avoir un aperçu le plus complet des activités de cette compagnie mondiale.

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